J’ai découvert le cimetière du Père Lachaise dans les années 1980, comme nombreux d’adolescents, grâce à Jim Morrison, le leader du groupe Rock mythique, « The Doors », qui y fut inhumé en 1971. Ce n’est que beaucoup plus tard que je suis tombé amoureux de ce lieu magique sans savoir si c’est m’a passion pour la photographie noir et blanc où le fait d’avoir échappé de justesse à la mort lors d’un accident de la route quelques années auparavant qui m’a poussé à y passer des nombreux jours pendant l’hiver 2003-2004 et à étudier son histoire et celle de certains personnages qui y sont inhumés.

Voici la seule photo en couleur de ma promenade, prise lors de ma première visite du cimetière en 1986.
Stèle avec buste de Jim Morrison. Le buste en marbre blanc de Macédoine réalisé par le sculpteur croate Mladen Mikalin en 1981 pour le 10 ans de la mort du chanteur a disparu en 1988 et a été retrouvé par hasard lors d’une perquisition d’un appartement parisien en 2025. Les tags sur les tombes ont été enlevés et la tombe de Jim Morrison deviendra la première tombe sous « protection rapprochée » du Père Lachaise.


REMERCIEMENTS:

Je tiens à remercier Monsieur Christian Charlet, l’historien et, à l’époque, conseiller du service central des cimetières Parisiens, auteur du livre « Le Père-Lachaise, au cœur du Paris des vivants et des morts » (découvertes Gallimard), une magnifique leçon d’histoire funéraire en général, et « mon » guide du cimetière Père-Lachaise en particulier. Je me suis permis de résumer ce petit livre afin d’accompagner les photos que j’ai pris pendant l’hiver 2003-2004. Si vous tombez sur ce blog je vous invite à vous promener dans ce lieu hors du temps et vous allez peut-être vous arrêter devant l’un de ces monuments en vous posant pleins de questions pour lesquelles vous trouverez les réponses ici. Beaucoup de ces prises de vue seraient impossibles aujourd’hui, car nombreux monuments ont dû être protégés des assauts de visiteurs peu respectueux du repos des âmes par des barrières en acier ou des vitres en Plexiglas. Prenez le temps de bien regarder et comparez par vous-même ce que vous voyez aujourd’hui avec ce que j’ai vu il y a un peu plus que 20 ans.

Je vous souhaite une bonne promenade en commençant par une petite leçon d’histoire du cimetière en général….

2 siècles de promenade au jardin des morts

2 siècles après sa création, le cimetière du Père-Lachaise a su conserver son charme et reste à la fois un jardin pittoresque, lieu de commémoration collective et individuelle, panthéon et musée d’art à ciel ouvert. Son histoire n’est pas dû au hasard mais est le fruit de l’idée initial de ses créateurs, née à la fin du 18ième siècle d’une crise funéraire majeure qui entraînera également la fin des cimetières paroissiaux parisiens.

Au Moyen Age, le catholicisme étant religion d’Etat, la mort était domaine exclusif de l’église. En milieu urbain les défunts catholiques « ordinaires » étaient inhumés dans des fosses communes des cimetières paroissiaux, souvent annexes d’une église. Les autres n’ont pas eu d’autres choix que de se faire enterrer discrètement là où c’était possible. Seulement quelques privilégiés (souverains, grands seigneurs,…) avaient le droit à une dernière demeure à l’intérieur d’une église.

C’était aussi la règle à Paris, qui comptait à la fin du 18ème siècle plusieurs dizaines de cimetières paroissiaux.  Ces lieux clos, où étaient entassés et superposés les cadavres dans les fosses communes en raison de manque d’espace, devenaient ainsi des espaces nauséabonds et générateurs de maladies et d’épidémies. Leur exiguïté et insalubrité, souvent dénoncées par des médecins, furent finalement confirmées par le parlement parisien en 1763. Pourtant, même la fermeture des cimetières intra-muros parisiens et leur transfert en dehors de la ville, prescrit par les magistrats en 1765, demeurait sans effet pendant des longues années. Une ordonnance royale de 1776 interdit définitivement l’inhumation dans les églises et autorise, en contrepartie, l’acquisition d’emplacements particuliers dans les cimetières pour y élever des monuments. Cette innovation, certes réservée aux citoyens qui en avaient les moyens, va marquer le début de la transformation des cimetières, d’un simple dépôt de corps en un lieu de commémoration. Elle est également l’ancêtre du système des concessions perpétuelles au cimetière du Père-Lachaise. Mais il va falloir attendre le scandale du Cimetière des Innocents en 1785 pour que des changements soient enfin mis en oeuvre. Ce cimetière, juste à coté du marché des Halles, où on estime les nombre d’inhumés à plus de deux millions, était complètement saturé depuis des années. L’écroulement d’une fosse commune d’environ 2000 corps dans les caves d’une maison adjacente dans la rue de la Lingerie (aujourd’hui la Rue Berger) a finalement provoqué la suppression du cimetière des Innocents et le transfert des ossements dans les carrières souterraines de Paris dont les parties aménagées en ossuaires furent désormais appelés les Catacombes. Il a fallut environ un an et demi pour achever le transfert par convois nocturnes des corps du cimetière des Innocents dans les catacombes. Cet opération fut un vrai succès et il en suivait la fermeture d’autres cimetières paroissiaux et le transfert des ossements aux catacombes jusqu’un 1814 (ces transferts ayant été repris en 1842 pour se terminer définitivement en 1860). Dès 1792, des nouveaux cimetières en bordure de la ville furent créés pour éloigner de Paris les foyers d’infection : Les cimetières de Pigalle, St. Catherine et Vaugirard (remplacés en 1824 par le cimetière Montparnasse) et le Champs du repos sous Montmartre (devenu le cimetière Montmartre en 1825). Napoléon Bonaparte, ayant ordonné le retrait de la gestion de l’église catholique et son attribution aux autorités publiques (« chaque citoyen a le droit d’être enterré quelle que soit sa race ou sa religion »), a créé ainsi les premières nécropoles laïques. Pourtant, quelques cimetières paroissiaux resteront « en service » pendant la Terreur pour inhumer les milliers de victimes da la guillotine.

La naissance du Cimetière du Père-Lachaise

En 1801, Napoléon Ier ordonnait au préfet de la Seine, Nicolas Frochot, de créer 3 grands cimetières, au nord, au sud et à l’est de Paris. Dans le même temps était élaboré une nouvelle réglementation funéraire (décret du 12 juin 1804) qui précise en outre: « Aucune inhumation n’aura lieu dans les églises, temples, synagogues, hôpitaux […] Il y aura hors de chacun de ces villes ou bourgs…des terrains spécialement consacrés à l’inhumation des morts. […] On y fera des plantations en prenant les précautions convenables pour ne point gêner la circulation de l’air ». Le texte met en évidence le souci d’hygiène et le caractère public des cimetières ainsi que l’application du principe de l’égalité, même si ce dernier n’est que relatif. 

Quelques années plus tard, Frochot procédait à l’acquisition du premier terrain qui sera destiné au « cimetière de l’est » avec l’ouverture prévu le 21 mai 1804. Il s’agissait d’un vaste terrain boisé de 17 ha sur la colline de Charonne : Le Mont Louis, ancienne propriété des jésuites, saisie par l’Etat et vendue aux enchères en 1771. C’est ici, où en 1652, Mazarin et le jeune Louis XIV avaient établi leur quartier général pour suivre le déroulement de la bataille du Faubourg Saint-Antoine. En 1676, le père de La Chaise, confesseur et conseiller particulier de Louis XIV y a fait construire une élégante demeure de campagne. Son nom sera rapidement adopté pour désigner ce nouveau cimetière. Avec ses dénivelés et la sinuosité de ses allées, ce terrain n’était guère propice à l’aménagement d’un cimetière mais idéal pour y installer un jardin à l’anglaise. L’architecte Alexandre Théodore Brongniart (1739-1813) et l’archéologue Quatremère de Quincy (1755-1849) seront chargés de la conception de la nécropole. L’idée de Brongniart va finalement convaincre : l’aménagement d’un parc tout en respectant le jardin existant. La partie plane ou faiblement pentue sera destinée aux fosses communes, la partie vallonnée sera aménagée en cimetière promenade et destinée à recevoir des concessions avec des monuments funéraires. Le Père-Lachaise devient ainsi le premier des grands jardins publics parisiens.

Les premières années difficiles

En raison de son emplacement éloigné du centre de Paris, le cimetière du Père-Lachaise était, à ses débuts, boudé par les parisiens qui préféraient être inhumés au plus proche de leur paroisse. De plus, le nouveau régime funéraire favorisait encore les fosses communes à cause de la forte mortalité à Paris au début du 19ème siècle. Les concessions individuelles étaient l’exception et presque toutes temporaires. Dans la première année de son existence,  on a pu vendre seulement 15 concessions dont une seule à perpétuité : celle de la famille Jacquemart qui présente en 2003 la sépulture la plus ancienne encore intacte en 2004. Je me demande si elle existe toujours aujourd’hui.

Mécontent de l’échec du Père-Lachaise, Napoléon y impose dès 1806 l’inhumation de la reine de France, Louise de Lorraine, épouse de Henry III. Pourtant cette mesure ne provoqua pas l’effet de popularité souhaitée (et Louis XVIII fera transférer les restes mortels de la reine à Saint Denis en 1815) et il va falloir attendre quelques années avant la construction des premières sépultures remarquables : En 1809 une dame de La Grange a fait ériger, sur une concession perpétuelle dans un des bosquets les plus élevés du cimetière, le premier cénotaphe remarquable, à la mémoire de son fils, Antoine de Guillaume Lagrange, sous-officier d’un régiment de dragons mort en 1807 en Pologne. Le chemin deviendra ainsi le « Chemin du Dragon ». Quelques années plus tard, cet endroit au bout de l’allée servit de haut lieu de rassemblement de Bonapartistes. C’est sous Louis XVIII que fut dévié le chemin pour restreindre l’espace autour du cénotaphe pour y limiter les rassemblements. Nombreux seront les compagnons de Napoléon qui seront inhumés dans les alentours du Dragon. De Sainte-Hélène, Napoléon demandait de les y rejoindre après sa mort (en 1821).

En 1810 a été construit la première chapelle prestigieuse, la chapelle « Greffulhe ». Il en suivait, en 1813, l’énorme tombeau du grand poète de l’époque, Jacques Delille (« l’abbé Delille »), œuvre de Brongniart, et un peu plus tard la sépulture de Brongniart lui-même, juste à coté de celle de Delille. 

De la restauration au coup de pub réussit

Après les défaites de Napoléon, le cimetière du Père-Lachaise, lieu stratégique en hauteur au bord de la capitale, devient le théâtre de combats violents avant d’être pris d’assaut par les troupes russes. Beaucoup d’arbres seront coupés et transformés en bois de chauffage par les assaillants et il va falloir des nombreuses années pour reboiser le site.

Après la deuxième abdication de Napoléon, le nouveau roi de France, Louis XVIII, poursuit le projet initial du cimetière du Père-Lachaise,  en maintenant la réglementation funéraire de 1804 et en encourageant l’inhumation de personnalités de la vie politique, sociale, économique, culturelle, militaire et scientifique, afin d’assurer le succès définitif de la nécropole. Pour attirer ce type de « client », le gouvernement décide de transférer en grande pompe les tombeaux de quelques unes des figures les plus connues de l’époque. Ainsi, en 1817, sous une grande couverture médiatique, arrivent  au Père-Lachaise les deux écrivains célèbres Molière et La Fontaine ainsi que le couple d’amants légendaires Héloïse et Abélard, tous décédés longtemps avant l’ouverture du cimetière (Molière et La Fontaine en 1673 resp. 1695, Héloïse et Abélard au 12ème siècle). Ces deux événements auront largement l’impacte recherché, car non seulement les Parisiens ne boudent plus ce cimetière, mais au contraire, pendants les années suivantes, une centaine de personnalités y seront inhumées. 

Du début du culte des morts « démocratisé » à la fin des fosses communes

Le culte des morts n’était désormais plus le privilège des quelques dignitaires de l’église ou de l’Etat, lesquels, avant la nouvelle réglementation funéraire, étaient quasiment les seuls à pouvoir « se perpétuer » dans un tombeau individuel. Jusqu’en 1824, année de l’ouverture des deux autres grandes nécropoles parisiennes, le cimetière de Montmartre et le cimetière de Montparnasse, le Père-Lachaise était le seul ou tous ceux qui en avaient les moyens pouvaient devenir propriétaire d’une ou même plusieurs concessions perpétuelles pour y dresser des monuments funéraires, individuels ou familiaux. Ceux qui manquaient de l’argent nécessaire pouvaient toujours s’y faire inhumer gratuitement dans une fosse commune. Avec cette « démocratisation » du culte des morts, le nombre des tombes individuelles va augmenter, ce qui rapidement va poser le problème de pénurie d’espace. Un agrandissement du cimetière devient indispensable et se fera en plusieurs étapes jusqu’en 1850 pour atteindre la quarantaine d’hectares d’aujourd’hui. Presque un quart de siècle plus tard, les fosses communes, signe choquant de la discrimination financière devant la mort et devenu inacceptable aux yeux des humanistes de l’époque, seront finalement fermées et transférées dans les nécropoles en dehors de la ville. Aujourd’hui cette mesure peut apparaître davantage comme l’expulsion de l’aspect désolant de la pauvreté, car désormais le jardin des morts sera réservé exclusivement à ceux qui ont les moyens d’y s’offrir une concession à perpétuité. Cette discrimination a été affaibli par l’achèvement (en 1889) du crématorium (la crémation étant permise depuis la loi de 1887, mais autorisée par l’Eglise catholique seulement en 1964) et du Columbarium, et finalement effacée presque 100 ans plus tard, en 1986, par la création du jardin du souvenir, une pelouse réservée exclusivement à la dispersion des cendres des morts incinérés. 

Ce n’est donc qu’à l’intérieur du cimetière où l’inégalité des morts subsiste à travers les différentes tailles et formes des monuments funéraires. Une autre forme d’inégalité devant la mort était celle entre les différentes confessions des défunts, notamment entre chrétiens, musulmans et juifs. Bien que le Père-Lachaise était laïque et ouvert à tous sans considération de confession, un enclos juif fermé était créé en 1809 et un en enclos musulman en 1856 (avec la plus ancienne mosquée de Paris, disparu faute d’entretien en 1914). Cette séparation a été abolie par une loi de 1881, avant même la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat. Les murs de séparations confessionnelles étaient abattus et il n’y aura plus aucun choix de l’emplacement en fonction de la croyance des défunts.

Du jardin romantique au musée d’art

Les monuments funéraires datant des premières années du cimetière étaient plutôt austère. Ils étaient composés pour la plupart d’une dalle (dite « pierre couchée ») ou d’une stèle (« pierre levée »), certainement parce que c’était la forme la moins onéreuse pour une tombe individuelle sur une petite concession. Avec la grande stèle du « Dragon » fut crée au Père-Lachaise, 5 ans après son ouverture, le premier monument d’art. Les marbreries proposent ensuite la colonne comme alternative au modèle de base avec dalle ou stèle, et, dans le haut de gamme, des sarcophages à l’image de l’antiquité. Peu de temps après, Brongniart construisait lui-même la première grande Chapelle pour le Comte Greffulhe, un type de monument qui, adapté aux petites concessions, s’imposera pendant la deuxième moitié du 19ième siècle entant que sépulture familiale, conçu pour préserver l’intimité des morts et de leurs proches. Ces monuments deviendront de plus en plus ornés ou sculptés et rapidement vont apparaître des nouvelles formes de sépultures, entièrement issues d’une véritable approche artistique, comme en 1815, la première statue grandeur nature, « la douleur » de François Milhomme pour le tombeau du riche négociant Pierre Gareau. Cette statue a rapidement suscité l’envie des personnalités notables contemporaines, qui considéraient comme prétentieux qu’un tel monument soit dressé à la mémoire d’un simple négociant. C’est probablement cette statue qui a déclenché le concours pour le plus beau ou plus voyant monument funéraire qui a, en quelque sorte, caractérisé l’art funéraire au Père-Lachaise pendant les décennies suivantes.

Au 20ième siècle les vrais œuvres d’art se font plus rare, à l’exception des monuments de commémoration collective (comme, par exemple, ceux rappelant l’horreur des camps d’extermination Nazi) et quelques monuments individuels.

Ce lieu extraordinaire, plus de 200 ans après sa création, reste aujourd’hui avant tout un cimetière avec plus d’un million inhumations depuis sa création. Au début du 3ème millénaire y sont pratiqués environ 5000 crémations et presque un millier d’inhumation chaque année. C’est certainement cela qui lui permet de conserver son charme de jardin musée vivant. A part ceux dont la dépouille peut y être accueilli dans une concession familiale existante, toute personne peut y être inhumée, sous réserve de place disponible, à condition d’être soit décédée ou avoir été domiciliée à Paris.

Nombreux sont les raisons qui motivent les visiteurs d’entrer dans ce cimetière sans forcement se recueillir sur la tombe d’un proche. Depuis le début du 19ème siècle, les bonapartistes se rassemblent au tour du « Dragon ». Depuis la fin du même siècle, les communistes se recueillent au mur des fédérés, non loin de l’endroit où furent fusillés les derniers communards parisiens par les troupes du gouvernement Versaillais, ce qui marquait la fin de la Commune de Paris de 1871. 

Certains viennent ici pour visiter la tombe de Balzac, celle d’Oscar Wilde, ou la tombe du philosophe spirite Allan Kardec (l’une des tombes les plus fleuries). D’autres pour rendre un hommage à Frédéric Chopin, Edith Piaf, Yves Montand, Simone Signoret, Marie Trintignant, Pierre Desproges…

Les nombreux sépultures de célébrités ainsi que les différents monuments commémoratifs attirent chaque années environ 2 million de visiteurs. Cet ouvrage vous donnera peut-être envie de vous éloigner un peu de votre but principale pour vous promener avec un regard plus attentif dans cet unique lieu de culte que je qualifierais également de l’endroit le plus romantique de la capitale. 

Tous mes photos ont été prises en argentique sur Agfa APX100 développé dans mon labo artisanal et tiré sur du papier baryté que j’ai ensuite scanné sans y apporter aucune traitement numérique. Si vous souhaitez l’une de ces photos ou si vous avez simplement envie d’en savoir plus vous pouvez m’écrire à tilokolb@gmail.com.

Je vous y invite donc à une promenade romantique en reprenant ce texte de Henry Jouin, qui précède l’inventaire des sculptures dans son livre  «La sculpture dans les cimetières de Paris » de 1895 :


Le musée de la mort

Je viens de parcourir les grandes nécropoles de Paris. Un cimetière où ne dort aucun des miens est pour moi sans tristesse.

C’est le rendez-vous de la vie.

Je le compare à une réception solennelle où il m’est donné de coudoyer des capitaines et des artistes, des poètes, des tragédiens, des danseuses, des hommes d’Etat .

La grande mêlée humaine est là, sous mes yeux, immobile, compacte, féconde en enseignements de toute sorte.

Dans ce Musée de la Mort, les portraits sont d’inégale importance. Il y a des figures équestres, des statues en pied, des bustes, des médaillons, de légers pastels, d’imperceptibles miniatures.

Chaque effigie est à la taille du modèle.

Car je ne juge point une représentation fidèle ces monuments fastueux qui recouvrent une cendre vulgaire.

L’image authentique et sincère de l’homme disparu est dans le souvenir qu’il éveille. Prononcez un nom dans les allées ombreuses du Père-Lachaise, aussitôt se dresse devant la pensée le souvenir d’un succès, d’un acte héroïque, d’un chef-d’œuvre, d’une larme peut-être. Ce triomphe, cet exploit, ce poème, cette larme résument toute une vie. Lorsqu’un nom prononcé ne dit rien à l’âme, c’est le nom d’un absent.

La tombe est vide.

Mais dans ce Paris d’hier, dans ce Louvre où toute gloire vient dormir, combien peu sont absents ! aussi le flot montant du souvenir fait battre les tempes !

Ces grands invisibles ont une langue inexprimable pour vous émouvoir. Puis, les contestations, les haines, les rancunes, le bruit de la presse, le tumulte de la rue, les cris du Forum qui enlevaient au vivant une part de l’attention publique, tout cela n’existe plus.

Les clameurs troublantes de la vie expirent sur le seuil de la tombe. La vague incessante de la lutte s’est subitement détournée de l’homme entré dans l’éternel ; de l’acropole où il domine la cité, on n’entend rien d’amer. Son génie plane sans conteste dans la lumière inaltérée de la mort. Et l’effigie morale est gravée à jamais sur le diamant. Il n’y a plus à craindre pour ce publiciste, ce politicien, ce philosophe, les variations d’autrefois.

Il est et il demeure.

Tel vous l’appréciez aujourd’hui, tel il sera jugé dans trois siècles. Voilà pourquoi la leçon qui monte de la tombe est profitable.

Elle repose des vivants…

Entrons. …

Bibliographie : 

Le Père-Lachaise, de Christian Charlet, Gallimard 2003

Les ailes et le sablier, de Roger Charneau et Antoine Stéphani, Cercle d’Art 1997

Le Père-Lachaise, Action artistique de la ville de Paris, 1998

La Sculpture dans les cimetières de Paris, de Henri Jouin, 1895


Entrée principale avec l’avenue principale montant vers le monument aux morts. L’affluence de visiteurs montre que le Père-Lachaise est l’un des monuments touristiques le plus visités de la capitale.

Bosquet Delille avec, à gauche, les tombeaux de la famille Brongniart et à droite le grand sarcophage de Jacques Delille (oeuvre de Brongniart). Sur la stèle de Brongniart (ci-dessous) un relief de la bourse de Paris (un de ses œuvres) et d’une allégorie de l’architecture en deuil. A coté de lui le tombeau de son fils Alexandre, Minéralogiste et Géologue, 1770-1813), avec une réplique de l’adaptation du vase dit Socibius (au Louvre), réalisée par lui-même en 1824. 11ème division.

Antoine de Guillaume Lagrange, sous-officier d’un régiment de dragons, mort en 1807 en Pologne.
La première grande stèle du Père-Lachaise. Cénotaphe dressé par la mère du « Dragon » en bordure d’une vaste allée datant de l’époque jésuite et qui deviendra lieu de rassemblement de Bonapartistes. L’allée a été déviée plus tard sur ordre de Louis XVIII. afin de limiter les rassemblements, et prendra le nom du « chemin du Dragon ».  29ème division.

La chapelle du comte Greffulhe. La première chapelle du Père-Lachaise, construite en 1810 dans le style néo-gothique, réalisée par Alexandre Théodore Brongniart. 43ème division.

Héloïse (1101-1164) et Abélard, (1079-1142)
Couple d’amants légendaire. Lui, philosophe, théologien et professeur urbain. Elle passe son adolescence au couvent d’Argenteuil et à Paris, chez son oncle, le chanoine Fulbert, où elle deviendra l’élève et la maîtresse d’Abélard (ils auront un fils nommé Astrolabe). Le couple, préférant ouvertement le concubinage, sera contraint au mariage qu’il essayera tenir secret. Héloïse retourne à Argenteuil et Fulbert, croyant Héloïse répudiée par Abélard, le fait émasculer. Les deux entrent ensuite en religion, elle à Argenteuil et lui à St. Denis. Plus tard Abélard fonde le monastère du Paraclet, où Héloïse devient abbesse. Après le décès d’Abélard à Cluny, où il se réfugiait après ses maintes tentatives de réformation qui ont entraînés son excommunication et persécution, Héloïse fait transférer son corps au Paraclet où elle-même reste jusqu’à la fin de sa vie.
Chapelle au style néo-gothique construit à l’aide de matériaux provenant de l’abbaye du Paraclet et du cénotaphe d’Abélard érigé au prieuré clunisien de Saint-Marcel-les-Chalons. En 1792, alors que les sépultures des amants sont à l’abandon, Alexandre Lenoir (1761-1839, fondateur du musée des Monuments Français) fait transférer leurs cendre dans son musée. Il sera chargé en 1816 de créer leur monument funéraire au Père-Lachaise.  7ème division.

Chapelle de la famille Lagarde-Gueret. « La gardienne du temple » vielle à que le repos éternel des défunts dans la chambre funéraire au sous-sol de la chapelle ne soit pas dérangé. Portail avec statue en bronze, signé Eug. Benet.  93ème division.


Le Monument aux Morts


Situé au bout de l’Avenue Principale, il masque l’entrée de l’ossuaire qui reçoit les restes des tombes abandonnées par défaut d’héritier et repris par l’administration (permis depuis la loi de 1926).
Réalisé par Albert Bartholomé (1848-1928). Inauguré après une durée de création de 10 ans en Nov. 1899.

Le sergent Hoff, héros de la guerre de 1870, notamment du siège de Paris. Sculpture en bronze par Frédéric-Auguste Bartholdi (statue de la liberté). Une petite fille alsacienne évoque la perte de l’Alsace-Lorraine. 4ème division.

Deux des nombreux monuments rappelant les horreurs du 3ème Reich. A gauche celui pour le camps d’extermination d’Oranienburg-Sachsenhausen (Sculpture par Jean-Baptiste Leducq); à droite le monument des déportés du travail. 97ème division.

En haut de la colline, l’imposant monument funéraire de la comtesse russe Marie Elisabeth Demidoff (1778-1818)  en marbre de Carrare, construit sur les dessins de l’architecte Jaunet.

Le chemin du dragon avec le temple de la sépulture Demidoff. 
une autre vue du chemin du dragon

Perier, Casimir (1777-1832), banquier, élu plusieurs fois député de Paris. Monarchiste libéral opposé au mouvement démocratique. Mort de Choléra contracté lors d’une visite de victimes de l’épidémie à l’Hôtel-Dieu. Monument réalisé par l’architecte Achille Leclère surmonté d’une statue en bronze par Jean-Pierre Cortot

La grande chapelle d’Adolphe Thiers, 1797-1877
Fondateur et premier Président de la IIIème République, négocia la paix avec Bismarck en 1871. Homme politique très controversé dû à ses convictions de bourgeois conservateur et protectionniste et à cause de sa lutte violente contre la Commune de Paris, dont nombreux communards furent fusillés, lors de leur dernier combat en mai 1871, contre un mur du cimetière non loin de ce mausolée (fait rappelé par le mur des Fédérés à l’extrémité Est du Père-Lachaise).
Mausolée réalisé par l’architecte Alfred Aldrophe en 1886. Le relief du tympan (par Henri Chapu, photo ci-dessous) représente le Patriotisme (nu avec épée) défendant la France assise qui tient le drapeau national. A l’intérieur de la chapelle se trouve « une crypte avec le tombeau, en marbre, du Président. Au fond, un sarcophage très élevé est dominé par la statue couchée de Thiers; sur les degrés du sarcophage, la France, dans l’attitude de l’abattement, est assise sur un fût de canon brisé, elle tient un drapeau dont les plis cachent en partie le sarcophage…Le génie  de l’immortalité… plane au-dessus de la tête de Thiers » (La Sculpture dans les cimetières de Paris, par Henry Jouin, 1895).  55ème division.

Le général Maximilien Sébastien Foy, 1775-1825
Général et homme politique très populaire, partisan de la liberté individuelle et de la liberté de la presse. Son enterrement était une immense manifestation dont on retient notamment la scène où son cercueil a été enlevé du char funèbre et porté à bras d’homme le long des grands boulevards jusqu’au Père-Lachaise. Sculpture par David d’Angers, Monument par l’architecte Léon Vaudoyer. Financé par une souscription qui rapportait près d’un million de francs de l’époque. 28ème division

Laurent Gouvion-Saint-Cyr (1764-1830), Maréchal de l’empire.
Statue grandeur nature en marbre, par David d’Angers en 1833, socle par Louis Visconti. En arrière plan la statue équestre pour la sépulture du Général Gobert. 37ème division

Des tombeaux vétustes (ici au bosquet du Dragon, 29ème division), victimes des arbres qui, en prenant leur revanche sur les pierres posées par l’homme, nous montrent bien le caractère passager de la présence humaine sur terre. 

Le chemin Denon avec les sépultures Denon (à gauche) et Chopin (à droite), 11ème division.
Vue de l’autre côté du chemin Denon, avec à gauche la tombe de Louis Sébastien Gourlot; 1778-1816, oeuvre anonyme en terre cuite, l’une des premières allégories de la douleur du père Lachaise (vue détaillé ci-dessous)

Denon, Dominique Vivant; 1747-1825;
Diplomate et archéologue. Graveur national sous Robespierre, il est nommé par Napoléon Bonaparte à la direction des arts, monnaies et médailles des musées nationaux et deviendra sous Louis XVIII directeurs des musées à Paris (notamment du Louvre).
Sculpture en bronze réalisée en 1826 par Pierre Cartellier.

Frédéric Chopin (1810-1849), compositeur polonais, né près de Varsovie d’un père français et d’une mère polonaise. Il part à Vienne en 1830, peu avant l’insurrection de Varsovie et n’est jamais retourné en Pologne. Il s’installe à Paris en 1831, où il fait connaissance avec George Sand en 1836, avec laquelle il aura une liaison qui durera jusqu’en 1847. Il meurt de tuberculose le 17 octobre 1849 dans son appartement sur la place Vendôme. Enterré selon son propre voeux au Père-Lachaise auprès les deux compositeurs italiens Luigi Cherubini et Vincenzo Bellini, les restes de Bellini ayant été transférées en 1880 dans la cathédrale de Catane, sa ville natale, en Sicile.
Allégorie « La musique en pleurs » d’Auguste Clésinger (gendre de George Sand), en marbre de Carrare.

Pierre Gareau (1766-1815), négociant.
« La douleur » de François Milhomme, en marbre. La première statue grandeur nature du Père-Lachaise, non loin de la « musique en pleurs » pour la sépulture Chopin. Elle faisait l’envie des contemporains qui trouvaient prétentieux de placer une telle statue sur la tombe d’un simple négociant. 10ème division

Ferdinand Barbedienne (1810-1892), commerçant de papiers peints. Il s’est associé à Achille Collas pour ouvrir une fonderie en 1838. Ensemble ils développaient l’invention de Collas, qui permet de reproduire des sculptures à l’aide d’un réducteur.. Ils firent fortune grâce à leurs reproductions d’oeuvres de grands sculpteurs (commençant par le Venus de Milo).
Statue grandeur nature réalisées par Alfred Boucher de « la petite bouchère » (son modèle préférée), qui tient un flambeau retourné en signe de deuil. 53ème division

Allégorie à la douleur signée Louis Lamber, pour la sépulture de la famille Brocca, 93ème division.

Joacquin Maria de Errazu, citoyen mexicain, vraisemblablement venu en France vers 1867 après l’échec de la tentative de colonisation du Mexique par la France, qui s’est terminée avec l’exécution de Maximilien d’Autriche, proposé par Napoléon III entant qu’empereur du Mexique et couronné en 1863, puis fusillé sur ordre de Benito Juarez en 1867.
Une de quatre allégories (en bronze) entourant le mausolée. Henry Jouin, dans son inventaire de 1895, intitulé « La Sculpture dans les cimetières de Paris » décrivait les sculptures ainsi: « Ces allégories représentent la Résignation, les yeux levés vers le ciel a dans sa main une banderole sur laquelle est écrit « Fiat voluntas tua »; l’Ame, ayant une flamme au front, pose la main droite sur son coeur et tient de la main gauche un flambeau renversé; la Charité, voilée, elle s’apprête à laisser tomber une pièce de monnaie dans un tronc placé près d’elle, et la Religion, a sur son genoux un livre posé verticalement qu’elle désigne de la main droite; une croix est modelée sur le livre. Monument et sculptures réalisés par Mathieu Meusnier. »
Cette description ne correspond pas (où plus) au monument que j’ai vu car les statues sur le monument (qui lui est resté le même) n’y correspondent pas et sont signées Miguel Blay et datées 1900 qui laisse supposer que les statues originales ont été remplacés.  68ème division

Antoine-Gaëtan Guérinot (1830-1891), architecte.
« L’Architecture » réalisée par Louis Ernest Barrias en marbre, représentant une femme en tenu médiéval, penchée sur les plans de l’hôtel de ville de Poitiers (œuvre de Guérinot)


Sépulture des familles Guibout et Donckèle. Œuvre anonyme, en arrière plan on peut distinguer le « phare » réalisé par l’architecte François Cendrier (Gare de Lyon à Paris) pour le tombeau de Félix de Beaujour, un richissime diplomate et commerçant mort sans laisser d’héritiers. 48ème division.


Famille Legru-Chenoret. Sculptures en bronze, datant du début du 20ième siècle. 1ère division.

François Raspail (1794-1878), chimiste, biologiste et homme politique républicain, adversaire du régime impérial. Arrêté après la journée du 15 mai 1848 et condamné à 6 ans d’emprisonnement. Apres quelques années, sa peine ayant été commué en bannissement, il se retire à Bruxelles, d’où il rentre en 1868.

Sculpture en marbre (de 1854) par Antoine Etex, représentant le fantôme de son épouse (décédée pendant son incarcération), couvert d’un linceul et faisant ses adieux à travers les barreaux de la fenêtre de sa cellule.  18ème division.

Théodore Géricault (1791-1824), peintre romantique et passionné du cheval. Né à Rouen d’une famille bourgeoise qui s’installe à Paris en 1796. Blessé à la colonne vertébrale lors d’une chute en cheval, il sera contraint à rester allongé et s’éteint à l’âge de 32 ans.

Sculpture d’Antoine Etex qui a découvert que son maître a été enterré dans l’oublie et que sa sépulture était dans un état d’abandon. Il a pris en 1837 l’initiative du monument et lançait une souscription pour le financement. Cette souscription, bien que soutenu par le peintre Eugène Lacroix n’a guerre rapporté des fonds. Sur le socle 3 bas-reliefs en bronze représentent les 3 oeuvres majeurs du peintre: le Radeau de la méduse, le cuirassier blessé et le hussard chargeant. 12ème division.

Louis Visconti (1791-1853), architecte en chef du nouveau Louvre et réalisateur du tombeau de Napoléon Bonaparte aux Invalides.

Gisant en marbre réalisé par Victor Edmond Leharivel-Durocher. Sur le socle, un bas relief en bronze par Louis Villeminot montrant les plans pour le rattachement du Louvre aux Tuileries dont Visconti fut chargé par Napoléon III. En arrière plan, la stèle surmontée d’un buste en marbre (par David D’Angers) pour la tombe de son père, l’archéologue italien Ennius Quirinus Visconti. 4ème division.

Georges Rodenbach (1855-1898), poète symboliste flamand, née à Bruges, venu à Paris en 1876. Sculpture (statue en bronze, socle en granite) de Charlotte Besnard, représentant le poète émergeant de sa tombe. 15ème division.

Ludwig Börne (1786-1837), pseudonyme de Löb Baruch. Publiciste allemand né à Francfort-sur-le-Main. Il est l’un des premiers journalistes patriotes et républicains allemands et s’est consacré exclusivement à la lutte politique. Il a dû s’exiler à Paris en 1830 où il continue sa lutte, notamment par son dernier écrit (en 1837): « Menzel der Franzosenfresser » (« Menzel le dévoreur de Français ») par lequel il dénonce le chauvinisme petit-bourgeois qui était en train de se développer en Allemagne.

Buste en bronze par David d’Angers, placé dans un enfoncement au sommet d’un socle en granit. Un bas-relief en bronze, sur le socle, intitulé « La France et l’Allemagne unies par la liberté » montre la liberté debout, main dans la main avec deux jeunes femmes représentant la France et L’Allemagne. 19ème division.

Oscar Wilde (1854-1900), célèbre écrivain, né à Dublin, fils d’une « famille sale, désordonnée, hardie, imaginative et cultivée » (Yeats). En 1895 il est condamné pour homosexualité à une peine de 2 ans de travaux forcés. Après avoir purgé sa peine il séjourna à Naples et près de Dieppe et vint finalement à Paris où il mourut dans la misère d’une méningite.

« Flying Demon Angel » réalisé par le sculpteur américain Jacob Epstein en 1912, à partir d’un bloque de pierre de 20 tonnes, à l’initiative de Robert Baldwin Ross, ami et exécuteur testamentaire d’Oscar Wilde. Wilde était d’abord enterré au cimetière de Bagneux. Après avoir réglé les Dettes de Wilde, Ross acquit la concession au Père-Lachaise en 1909 et commande la sculpture du monument définitif auprès d’Epstein qui réalisa cette sorte de Sphinx volante avec le visage aux traits de celui de Wilde. A son inauguration la statue était dotée d’un sexe masculin qui fut mutilé en 1961, dit-on, par des puritains scandalisés. On peut également voir sur le socle des traces de rouge à lèvres laissées par des admirateurs et admiratrices de Wilde, raison pour laquelle plus tard ce monument à été protégé derrière une vitre.

Honoré de Balzac (1799-1850), écrivain célèbre. Quand il avait 15 ans, sa famille s’installe à Paris où il suit d’abord des études de droit avant de décider, à l’âge de 20 ans, de devenir écrivain.

Le buste en bronze est la copie du buste en marbre que son ami David d’Angers lui a offert et qui se trouve aujourd’hui dans la maison de Balzac à Paris. 48ème division.

Allan Kardec (1804-1869), pseudonyme de Léon Hyppolite Rivail, philosophe Spirite. Instituteur lyonnais qui adoptait les méthodes d’enseignement de Pestalozzi. Intéressé par le magnétisme, un medium lui révèle au cours d’une séance de table tournant qu’il a été dans une vie antérieur un druide nommé Allan Kardec.

Monument représentant un Dolmen préhistorique en granite avec buste en bronze par Capellaro. Une des tombes les plus visitées, souvent par ses adeptes qui touchent le front du buste afin de recevoir les ondes du spirite. 44ème division.

Miguel Angel Asturias (1899-1974), écrivain, poète et diplomate guatémaltèque. Exilé à Madrid après l’invasion du Guatemala par des marines des USA et la chute du président Jacobo Ardens au coté duquel Asturias s’est engagé politiquement, notamment dans la lutte contre l’impérialisme des compagnies nord-américaines. Nommé ambassadeur à Paris dans les années soixante. Prix Nobel de la littérature en 1967

Stèle en béton moulé, ornée de reliefs Mayas, fabriquée au Guatemala. 10ème division.

Jim Morrison (1943-1971). Poète et chanteur du groupe rock « The Doors », mort, officiellement suite à une crise cardiaque, le 4 juillet 1971 dans un appartement parisien qu’il louait avec se compagne Pamela. Peu avant sa mort, il a lui-même, dit-on, visité le Père-Lachaise, pour voir (entre autres) les tombes d’Edith Piaf, d’Oscar Wilde et de Balzac.

Vraisemblablement la tombe la plus visitée du Père-Lachaise, qui attire des touristes du monde entier. Malheureusement, le comportement de ses visiteurs manque souvent de respect pour les autres sépultures, raison pour laquelle la sépulture a été placé « sous protection rapprochée ». 6ème division.

Victor Schoelcher (1804-1893), homme politique républicain, très engagé dans les débats sociaux du 19ieme siècle. Connu comme libérateur des esclaves, puisque, entant que sous-secrétaire d’Etat aux Colonies, en 1848, il a signé le décret de l’abolition de l’esclavage dans les colonies françaises et se préoccupait jusqu’à sa mort de la défense des droits des citoyens d’outre-mer. Il était également partisan de l’abolition de la peine de mort et pour l’amélioration des droits des femmes. Contraint de quitter la France après le coup d’Etat de 1851 il s’est exilé en Grande-Bretagne et n’est revenu en France qu’en 1870. Ses cendres ont été transférées au Panthéon en 1949.

Relief en demi bosse en bronze réalisé par Alexis-Hippolyte Fromanger. Victor Schoelcher est représenté sur le médaillon au socle du monument. Sur le haut-relief est représenté son père Marc (fabricant de faïence alsacien, 1765-1832) avec un ouvrier de sa manufacture. 50ème division.

Blanqui, Auguste; 1805-1881

Militant opposant des régimes successives, considéré par des contemporains comme un « anarchiste assoiffé de sang » (Antoinette Le Normand-Romain dans « Le Père-Lachaise », Action artistique de la ville de Paris, 1998) qui passa la moitié de sa vie en prison, d’où son surnom « l’enfermé ». Condamné à mort en 1840, sa peine est commuée en réclusion à vie. Gracié après 4 ans d’internement au Mont St. Michel, il participa aux émeutes de 1848 et de 1871, sera arrêté et condamné à plusieurs reprises et échappe en 1871 à la déportation grâce à son age.

Gisant en bronze par Jules Dalou qui réalisait ce gisant en renonçant d’être rémunéré pour son travail, parce que la souscription (à l’initiative du comité révolutionnaire du XIIIe arrondissement) n’a guerre rapporté d’argent.  91ème division.

Félix Faure, (1841-1899), négociant en cuire du Havre. Elu députe républicain modéré en 1881. Sous-secrétaire d’Etat à la Marine chargé notamment des colonies, il a créé le Conseil supérieur des colonies. Elu président de la République en 1895 contre les voix des radicaux et socialistes. Renforçait l’alliance franco-russe avec le tsar Nicolas II. Son attitude dans l’affaire Dreyfus (à la révision du procès duquel il s’opposa en dépit de la découverte des fausses pièces au dossier d’accusation) a entaché sa popularité. Mort à l’Elysée lors d’un rapport amoureux avec la belle Mme Steinheil.

Gisant en bronze par René de Saint Marceaux. Représenté en habit et enveloppé des drapeaux français et russe. 4ème division.

Victor Noir (1848-1870), pseudonyme d’Yvan Salmon. Journaliste à la « Marseillaise », un quotidien contre le régime du 2nd empire. Lors d’une discussion orageuse, le 10 Janvier 1870, il est tué par un coup de pistolet donné par le Prince Pierre Bonaparte, qui le soupçonnait (à tort) d’être impliqué dans le conflit politique opposant le régime impérial et la gauche républicaine. Par sa mort il devient une sorte de Martyr républicain et le symbole de la répression de l’Empire contre la Gauche et la classe ouvrière.

Gisant en bronze de Jules Dalou. Contrairement au gisant de Blanqui (représenté en linceul), Dalou choisi ici la représentation du défunt, avec un réalisme photographique, dans ses vêtements de rue à l’instant même de sa mort. 92ème division.

Joseph-Eustache Spinelli (1843-1875) et  Henri-Théodore Sivel (1834-1875), aéronautes morts asphyxiés au bord du « Zénith », leur Ballon, lors d’une ascension à plus de 8600 mètres.

Double gisant en bronze par Alphonse Dumilatre représentant les deux aéronautes, main dans la main. 71ème division.

Jean-Ernest Reynaud (1806-1863), philosophe spiritualiste.

Haut-relief en marbre blanc, intitulé « l’immortalité », réalisé par Henri Chapu. 72ème division.

Le professeur belge Arbelot, mort en 1946.

Gisant en bronze réalisé par le sculpteur belge Wansart, 11ème division.

Paul Boucherot (1869-1943), commandeur de la légion d’honneur.

Sculpture représentant Prométhée enchaîné, le poing levé et attaqué par un vautour qui l’enfonce son bec dans le ventre. 96ème division.

Claude Chappe (1763-1805), ingénieur et inventeur du télégraphe optique, qui a permit (surtout au militaire) d’acheminer rapidement des messages sur des longues distances. En 1794 par exemple, la dépêche importante: « Reprise de Condé sur les Autrichiennes » a pu être envoyée de Lille à la colline de Belleville en un peu moins de 14 minutes.

Pierres de lave de Volvic, surmonté d’une maquette en fonte de son invention. 29ème division.

Jean-Baptiste Pezon (1826-1897), dompteur.

Sculpture en bronze représentant le dompteur à cheval sur son lion Brutus, qui, dit-on, l’aurai dévoré. Réalisée par Prosper Lecourtier. 86ème division.

Le coureur automobile Théry. Il a gagné, au volant de sa Richard Brasier, la Coupe Gordon Bennett de 1904 en Allemagne et amené ainsi l’organisation de l’édition suivante de la Coupe en France (1905), qu’il terminait également vainqueur et qui sera remplacé en suite par le Grand Prix de France dont la première édition a eu lieu en 1906 au Mans.

Sculpteur en bronze, signée Marc Robert et réalisée dans la fonderie d’art Malesset, représentant le défunt au volant et en tenu de pilote de course. Concession datant de 1910. 91ème division.

Avenue des Ailantes


L’avenue latérale du Sud, avec en avant plan la tombe du sculpteur Jean Carriès (1856-1894), qui est mort dans la misère. Le socle était financé par une souscription à l’initiative de Bartholomé. La sculpture en bronze était l’autoportrait du défunt, donné par Georges Hoentschell, qui avait racheté l’atelier de Carries.


Le Père-Lachaise, un lieu de repos aussi pour les vivants qui veulent prendre de l’aire au cœur de la métropole. Ici devant la chapelle catholique, face à l’entrée principale.

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